Une histoire parmi d’autres, une quête de libération…

Je ne sais pas ce qui se trame derrière mon existence. Tout ce que je sais est que je suis vivante et donc piégée, je n’ai pas été consultée avant ma naissance et je me retrouve ainsi à devoir passer cette sentence qu’est la vie jusqu’à ma mort. Alors qu’est-ce que j’en fais ?

D’abord d’où vient l’idée en haut et le questionnement qui y succède ? Je ne sais pas vraiment. D’où viennent mes idées ? Je crois qu’il y a un ensemble d’éléments mais j’aurai du mal à les démêler, cela dit j’ai quelques suppositions.

Je suis une personne avec un raisonnement, façonné certes, mais existant et même à contre-courant. D’où vient ce raisonnement à contre-courant ? Et est-ce complètement le cas ?

Je crois que notre socialisation nous a poussés à mimer des comportements et à adopter des modes de pensées selon des imaginaires, des interdits et des injonctions.

Cela a fait des espèces de catégories bien structurées tentant d’effacer les pluralités et les particularités des vécus. On tend vers l’homogénéisation et les évidences toutes faites. Ça semble rassurant, mais pour qui ?

Une des idées est qu’il y a les femmes et les hommes, les femmes au service des hommes, les colorés et les blancs, les colorés inférieurs aux blancs, les pauvres et les riches, les pauvres méritent la pauvreté et doivent servir les riches, etc. etc. 

Je n’aurai peut-être pas pu écrire ces lignes si je n’étais pas née dans un corps qui a été catégorisé dans la rubrique « fille » future « femme ».

De là on m’a imposé d’entrer dans un cadre du genre qui m’a été assigné et pourtant je ne désirais rien d’autre que de vivre dans la liberté, la quiétude et l’amour parce que je vivais dans l’enfermement et le contrôle, la peur et la haine.

Plus je n’arrivais pas à entrer dans le rôle de fille/femme plus j’étais réprimandée, plus je me frappais car je n’arrivais pas à obtenir la reconnaissance qu’il me fallait et je m’en voulais de ne pas pouvoir être comme il le fallait.

Ensuite j’ai rencontré des personnes que j’ai aimés et des textes que j’ai dévorés. A travers eux, elles, je commençais à comprendre les mécanismes de pouvoir et d’oppression qui constamment structurent les rapports entre dominés et dominants.

Alors avec le temps, j’ai commencé à me soigner et à soigner mes pairs avec de l’empathie et du care, seulement il y avait aussi et il y a toujours des rapports violents qui nous traversent, la jalousie et la compétition en font partie.

J’ai compris qu’il nous était difficile d’avancer dans notre guérison sans agir collectivement sur nos maux internes. J’ai compris qu’il était difficile de lutter contre ce qui nous traverse tant qu’on ressent de la honte et de la culpabilité à en parler.

J’essaie de faire le premier pas afin de briser le silence sur mes vulnérabilités ayant compris que commencer pouvait encourager les autres à se libérer.

Mais j’ai eu peur lorsqu’une amie m’a désigné comme étant une icône suite à un texte que j’ai écrit, car je refuse de reproduire le schéma de l’étoile montante au détriment de toutes celles qui peuvent couvrir un ciel.

Je crois qu’on peut s’entraider ensemble pour se libérer et s’autonomiser, mais on ne peut pas le faire si on continue à établir du mérite entre nous, car même si le système politique essaie de nous classer en échelle, il est de notre responsabilité de refuser la médaille qu’il tend à vouloir nous donner en guise de reconnaissance. Celle-ci est à mon sens un poison qui ne nous permettra pas de déconstruire les dynamiques de pouvoir et d’enfin nous aimer sans nous hiérarchiser et nous isoler.

Je veux vous aimer et veux être aimée en retour, car l’amour est ce qui peut nous sauver des blessures qu’on peut infliger aux autres et à soi. 

Ceci n’est pas la vérité mais un raisonnement auquel je suis parvenue à cet instant.

 

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