La légalité vue par une hors la loi

Nous sommes toutes des femmes violentées. Certaines d’entre nous vont jusqu’à s’autodétruire et entraîner dans leur chute d’autres femmes en devenant les geôlières après une vie de captives condamnées à perpétuité, elles deviennent les gardiennes de la perpétuelle violence. Elles violentent les femmes non mariées et les réduisent au rôle de parias de la société et violentent celles qui vont leur succéder dans le rôle de bourreau en étouffant leur souffrance jusqu’à briser leur dignité pour en faire des monstres à leur image, les monstres gardiennes du temple patriarcal, gardiennes de la légalité illégale, la légalité qui sert les intérêts du patriarcat par ses lois qui ne sont nullement en faveur des femmes et qui font d’elles les pires ennemies d’elles-mêmes.

La légalité des relations par le mariage, malgré qu’elle soit défendue par les femmes tant bien que par les hommes, ne sert pas l’intérêt des femmes. Elle est importante aux yeux de ceux qui cherchent à garder le contrôle sur nos corps, ceux-là vont distinguer entre celles qui ont la vertu de l’obéissance et celles du mauvais genre qui refusent d’être sous leur emprise.

Pour les femmes, la légalité est un aspect important car il consiste à les classer en bonne ou mauvaise femme aux yeux du patriarcat. Les bonnes femmes sont sous contrôle, les mauvaises sont libres et donc constituent un danger pour les intérêts de ceux à qui cesystème de contrôle profite. Au final, la légalité ne sert l’intérêt des femmes que si elle bénéficie aux hommes. 

Il y a une différence entre une pute captive que les hommes aiment utiliser et une pute libre qui refuse les hommes, celle-là les met en colère tandis que l’autre captive tout comme leurs épouses, servent leurs intérêts.

Lorsqu’une femme mariée souffre de violence sexuelle et sexiste, cela n’a pas moins de préjudice que celle qui souffre des violences dans un cadre illégal: une violence est une violence. Cette violence prend une forme plus insidieuse pour une femme mariée, on niera sa souffrance, on lui dira de patienter, on la réduira au silence en lui collant les vertus de patience et de sacrifice qu’on glorifie chez l’épouse, on lui dira qu’une femme ne peut revenir chez ses parents suite à un divorce car ce serait un échec, on la jugera si elle décide de mettre un terme à cette violence et de quitter son bourreau, on accordera à ce dernier des circonstances atténuantes : il est fatigué, il a des problèmes… On la fera culpabiliser d’en rajouter, tout est autour de lui, le pauvre, le pauvre qui se défoule sur elle, se défouler sur elle n’est pas grave, elle est là pour ça, pour le calmer, le soigner, le subir, car c’est son époux et elle a ce devoir envers lui.

Pour moi, une femme hors mariage n’est pas pire qu’une femme mariée. Le mariage en soi est une violence lorsqu’il se pose en un cadre enfermant dont les règles sont inéquitables entre la femme et l’homme.

Une femme hors de la légalité patriarcale, est une femme victorieuse, elle a réussi en l’occurrence à sortir du jeu et dire qu’elle définit la légalité selon ses intérêts propres, des intérêts qui vont lui faire du biens. Elle vit de moins en moins en altérité à ceux qui l’ont opprimé. Et en récupérant sa vie volée, elle apprend à vivre en harmonie avec elle-même, mais seule, un peu seule alors par égoïsme ou par altruisme elle lance un appel à ses sœurs aussi aliénées pour qu’elles sortent de l’emprise patriarcale et gouttent à cette belle expérience qu’est de mobiliser son esprit, son mental, ses émotions, son corps pour se libérer ensemble.

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